Mélanie Mambré, au bout de l’aventure

Série « Elles font la Bourgogne-Franche-Comté ». Chaque semaine, de mars à juin 2021, la Région Bourgogne-Franche-Comté met à l’honneur des femmes remarquables, dans le cadre du Printemps de l’égalité.

Le Cambodge, la Malaisie, l’Australie, le Guatemala, la Chine, les Philippines… Depuis qu’elle a les moyens de voyager, Mélanie Mambré parcourt le monde. Ou plutôt, elle parcourait le monde. Car à 38 ans, la dijonnaise a décidé il y a 3 ans de poser sa valise près de la place de la République. Fini les périples aux quatre coins du globe, le sac à dos en bandoulière : « je n’ai plus le temps » regrette la jeune femme qui a troqué son costume de conseillère en crédit immobilier, contre un statut de cheffe d’entreprise : « Pendant 11 ans, j’ai consacré toutes mes vacances à voyager. En respectant au maximum les pays dans lesquels je me rendais : je cherchais toujours les éco-lodges, je privilégiais les circuits courts … A un moment donné, je me suis rendu compte que je connaissais plus le monde que mon pays. Quand j’ai voulu découvrir la France, j’ai voulu garder la même conduite respectueuse de l’environnement. En cherchant ce type d’établissement, j’ai vu qu’il existait plein d’initiatives, mais pas un site ou un organisme pour les recenser et les valoriser. »

« On me prenait moins au sérieux que si j’avais été un homme »
Mélanie décide de devenir ce point d’entrée et crée Vaovert en 2018 : son site Internet recense plus de 300 établissements français respectant une charte de 90 critères écoresponsables établis par Mélanie et ses équipes. Vaovert a vite séduit, jusqu’à son entrée l’an dernier dans le Top 10 des entreprises chargées de « bâtir le tourisme de demain » pour Atout France. La ligne est désormais tracée, mais elle fut longue à construire : « On ne quitte pas le secteur bancaire et ses avantages comme ça, du jour au lendemain, se rappelle Mélanie ; j’ai toujours été une aventurière, mais j’avais quand même besoin de me convaincre moi-même. »
Mais aussi les autres : « on me prenait pour une hippie : une femme qui voyage, ça n’est pas crédible. Et je partais dans des domaines, le numérique et le tourisme, sans aucun diplôme. J’avais un peu le  syndrome de l’imposteur. » D’autant plus qu’une autre barrière vient se dresser au milieu de son chemin : son statut de femme, dans un secteur où 80 % des chefs d’entreprises sont des hommes. « Je me suis toujours interrogée sur cette notion de place de la femme dans notre société. Et en même temps, je pensais qu’il ne fallait pas forcément en faire plus pour les femmes que pour les hommes. Mais je me suis ravisée. Lorsque j’ai présenté ma société à mes futurs actionnaires, je me suis retrouvée face à dix personnes ; uniquement des hommes. On m’a dit « vous n’avez pas d’enfant ? Vous avez 35 ans, êtes-vous sûre que c’est le bon moment pour créer votre société ? » J’ai eu l’impression que l’on me prenait moins au sérieux que si j’avais été un homme. »

Ses dates clés

  • 1982 : naissance à Dijon
  • 2004 : BAC + 4 en management de gestion des entreprises (Lons-le-Saunier)
  • 2007 : référente crédit immobilier dans le secteur bancaire (Dijon)
  • 2018 : création de Vaovert (Dijon)
  • 2020 : Vaovert entre dans le Top 10 Atout France des entreprises chargées de « bâtir le tourisme de demain ».
     

Ses sources d’inspiration

« J’en ai plein ! Cyril Dion, le réalisateur du film Demain, qui véhicule une écologie positive. Marc Simoncini, le créateur de la société Meetic, parti de rien, et qui aujourd’hui utilise sa fortune pour accompagner des startups qui ont un impact positif sur la planète. Il a notamment investi dans la start-up Angell, qui a lancé un modèle de vélo électrique haut-de-gamme 100 % made in France, assemblé à Is-sur-Tille. Côté pays, évidemment, le Canada, qui a 20 ans d’avance sur nous en matière d’écologie ; mais aussi le Nicaragua, qui est le précurseur de l’éco-tourisme ».
 

Son message pour les femmes

« Quand on a la conviction et la persévérance, qui sont les deux points clés d’un créateur d’entreprise, il faut foncer ; puis avoir cette agilité et cette intelligence pour s’entourer de personnes quoi ont les talents qui nous manquent. »

Buco-li à Sainpuits (89) - Photo DR

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