Aurélie Bresson, la voix des sportives

Série « Elles font la Bourgogne-Franche-Comté ». Chaque semaine, de mars à juin 2021, la Région Bourgogne-Franche-Comté met à l’honneur des femmes remarquables, dans le cadre du Printemps de l’égalité.

Femme d’engagement, Aurélie Bresson l’est assurément. Et depuis toujours. « Je le dois à mes parents qui sont très investis dans le mouvement associatif. Alors que j’étais encore en poussette, ils m’emmenaient partout avec eux » se remémore la jeune femme de 32 ans. Originaire de Roye, près de Lure (70), elle a grandi à Besançon et s’est impliquée très tôt dans une chorale d’enfants à vocation humanitaire.
Aujourd’hui, la grande cause qu’Aurélie Bresson défend ardemment est celle du sport féminin. Le déclic remonte aux années fac, à l’IUT Info-Com de Besançon. « Je côtoyais des joueuses de handball professionnelles, j’étais très intriguée par leur vie, leurs choix, les sacrifices qu’elles faisaient. Je ne comprenais pas pourquoi elles n’étaient pas aussi connues qu’elles le méritaient ». 

« J’ai gardé cette injustice dans un coin de ma tête »
L’année suivante, en stage au club Metz Handball, la jeune communicante constate le peu d’intérêt des journalistes à l’égard d’Allison Pineau. La joueuse de l’équipe de France venait pourtant d’être élue meilleure handballeuse du monde. « J’ai pris conscience que les sportives étaient sous-représentées dans les médias. J’ai gardé cette injustice dans un coin de ma tête » relève l’ancienne gymnaste qui pratique désormais la course à pied. Professionnellement, Aurélie Bresson trace sa voie dans le milieu sportif : sur le Tour de France, à l’UNSS (sport scolaire) et dans une fédération (UFOLEP). Sa participation, en 2015, au marathon de la paix - un relais de 500 km entre Hiroshima et Nagasaki -  achève de la convaincre que « par le sport, on peut aussi bouger les lignes de la société ».
Alors, en 2016, elle se lance. Elle mobilise son réseau professionnel et investit ses deniers personnels. Surtout, elle n’écoute pas ceux qui lui disent : « Aurélie, le sport féminin n’intéresse personne » mais entend les encouragements de Béatrice Barbusse (lire ci-dessous) : « Tu arrives au bon moment ; ne fais pas tiennes les limitations des autres ».
À 27 ans, la Haut-Saônoise crée le magazine trimestriel qui manquait dans le paysage médiatique et sportif. Son nom : Les Sportives.  « Ce mot, sportives, était peu utilisé. On parlait plutôt des femmes dans le sport. Quand on recherchait « sportive » sur Internet,  apparaissaient d’abord des photos de voitures ! Puis le top 5 des femmes sportives les plus sexy… »

En digne héritière d’Alice Milliat
Cinq ans plus tard, le magazine, dont le siège social est à Roye, est imprimé à 10 000 exemplaires (disponibles uniquement sur abonnement) et s’est enrichi d’un volet numérique. L’équipe de rédaction s’est structurée autour d’une dizaine de salariés et pigistes. Toujours militant, le média est aujourd’hui une référence. Il met un point d’honneur à ressembler aux vraies sportives, refusant les modèles proposés traditionnellement par la presse féminine. 
Avec Les Sportives, Aurélie Bresson est devenue une voix qui compte pour défendre la place des femmes dans le sport, des pratiquantes aux dirigeantes en passant par les journalistes. Pas étonnant, dès lors, qu’on lui ait proposé, en 2020, la présidence de la
Fondation Alice Milliat. « J’ai d’abord hésité car, quand je m’engage, je ne veux pas le faire à moitié, confie celle qui travaille dans une agence de communication parisienne. J’ai finalement accepté car cette mission me conforte dans mes engagements. C’est une forme de reconnaissance. C’est aussi un tournant pour moi : cela me permet de prendre de la hauteur sur ce que j’ai fait auparavant. » Aussi déterminée qu’Alice Milliat (1884-1957). La première dirigeante du sport féminin mondial a trouvé une digne héritière.

Ses dates clés

  • 1988 : naissance à Besançon
  • 2015 : participe au marathon pour la paix au Japon
  • 2016 : crée le magazine Les Sportives
  • 2020 : devient présidente de la Fondation Alice Milliat

Ses sources d’inspiration

« Mes premières sources d’inspiration ont été les handballeuses de l’ESBF avec qui j’ai fait mes études à Besançon puis Allison Pineau [élue meilleure handballeuse du monde en 2009, championne du monde en 2017] et la sociologue Béatrice Barbusse qui fut la première présidente d’un club professionnel masculin [Ivry Handball]. Enfin, mes parents ont été un modèle en matière d’engagement associatif. »

Son message pour les femmes

« Il faut croire en ses convictions, en ses valeurs, en ce que l’on pense juste. Moi, je crois que quand les femmes seront reconnues à leur juste place dans le sport, c’est toute la société qui s’en portera mieux. »

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