Face à la baisse du nombre d’installations agricoles, la Région Bourgogne-Franche-Comté revalorise la Dotation jeunes agriculteurs (DJA). Une annonce faite ce mardi sur l’exploitation du GAEC de la Croix, en Côte-d’Or, où deux jeunes éleveurs préparent leur installation pour janvier 2027.
Dans quelques mois, Pierrick Tournier et son cousin Thomas Brochot deviendront la troisième génération à faire vivre le GAEC de la Croix à Liernais (Côte-d’Or). À 27 ans, les deux jeunes hommes s’apprêtent à rejoindre l’exploitation familiale de 444 hectares, spécialisée dans l’élevage bovin charolais. Leur projet prévoit d’augmenter le cheptel et de créer en complément un atelier de 40 000 volailles.
Pour eux, la DJA est loin d’être anecdotique. « C’est un gros plus, car nous avons des investissements lourds à effectuer », souligne Pierrick Tournier. Le futur poulailler représente à lui seul un investissement de 800 000 euros. Grâce au nouveau dispositif, chacun pourrait bénéficier d’une aide comprise entre 65 000 et 69 000 euros.
Même constat pour Thomas Brochot : « Sans la DJA, ce serait plus compliqué. » L’ancien ouvrier agricole y voit un levier indispensable dans un contexte marqué par la hausse des coûts du matériel agricole et un changement climatique auquel il doit s’adapter.
« La meilleure DJA de France »
Pour Jérôme Durain, président de la Région Bourgogne-Franche-Comté, l’enjeu est clair : relancer les installations agricoles. « Notre objectif n'est pas seulement d'installer davantage de jeunes agriculteurs, c'est surtout de bien les installer. Cela signifie leur donner les moyens de construire des exploitations solides, viables et pérennes, capables de traverser les aléas économiques et climatiques »
Alors que la collectivité espérait entre 450 et 500 installations annuelles, le chiffre reste inférieur à 400. La Région a donc décidé de relever la DJA de 45 000 à 65 000 euros, avec un plafond pouvant atteindre 72 000 euros selon les situations. « C’est désormais la DJA de France la plus élevée », affirme Jérôme Durain, qui voit dans cette mesure « un élément d’attractivité supplémentaire pour convaincre les jeunes de passer outre les difficultés du moment : le changement climatique, les marchés incertains, les difficultés géopolitiques … »
Le président des Jeunes Agriculteurs de Bourgogne-Franche-Comté, Thomas Lemée, salue-lui aussi un « signal fort ». « Le coût d’une installation est de plus en plus élevé », rappelle-t-il. Selon lui, la DJA permet de financer les premières années d’activité, souvent sans revenu immédiat. « Ici, par exemple, ce sont des jeunes agriculteurs qui vont engraisser leurs animaux à la ferme. Ils ne les vendront que dans deux ans minimums. Il faut bien qu’ils vivent d’ici là. »
Par cette décision, la Bourgogne–Franche-Comté réaffirme sa volonté de faire de l'installation des jeunes agriculteurs l'une des priorités majeures de sa politique agricole et de préparer le renouvellement des générations dans l'ensemble de ses territoires.
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