Scientifique ET pédagogique

La Région organise chaque année un forum des acteurs de la culture scientifique, technique et industrielle. Le dernier a eu lieu jeudi 10 novembre au Muséoparc Alésia.

Avez-vous remarqué ? Depuis quelques années, on ne se rend plus au musée pour visiter une exposition. Non. On vient pour assister à un spectacle. On vient voir une scénographie. On vient pour toucher, pour voir, pour sentir. Pour vivre une expérience. Les guides-conférenciers se sont transformés en médiateurs culturels. Ils ne parlent plus uniquement à des érudits. Mais à tout le monde. Aux familles, aux enfants. Ce n’est plus tout à fait le même métier … Alors ils s’adaptent. Dans tous les domaines. Y compris ceux chargés de diffuser la culture scientifique et industrielle. Ils sont chercheurs dans des laboratoires, animateurs dans des associations, guides dans des parcs naturels, facilitateurs culturels dans des musées … Depuis 2019, la Région les réunit chaque année à l’occasion du forum sur la Culture Scientifique, Technique et Industrielle (CSTI). L’édition 2022 s’est déroulée jeudi 10 novembre, au Muséoparc Alesia à Alize-Sainte-Reine (21).

Vice-présidente de la Région en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, Laetitia Martinez a ouvert le forum CSTI 2022. Photo : Xavier Ducordeaux

Une centaine d’acteurs sont venus échanger sur leurs pratiques : « On n’organise pas ce forum parce que c’est dans les compétences de la Région, a rappelé Laetitia Martinez, vice-présidente de la Région en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, en ouverture du forum ; mais parce qu’on est convaincus que la CSTI, c’est permettre aux gens de comprendre le monde qui les entoure, c’est donner du sens à l’action collective ».

Le Muséoparc comme modèle à suivre
En choisissant le Muséoparc comme écrin, les organisateurs ont mis dans le mille. Difficile en effet de trouver, en Bourgogne-Franche-Comté ou ailleurs, plus belle scénographie que celle imaginée par les équipes d’Alésia. Complètement repensée en 2021, elle propose au visiteur une nouvelle manière de se plonger au cœur de la bataille entre Jules César et Vercingétorix : « l’ancienne scénographie était magnifique, mais on avait raté des choses en termes de médiation, précise Mathilde Le-Piolot-Ville, responsable de l’action culturelle du Muséoparc ; ça ne parlait pas à tous les publics. En 2020, on a tout détruit. Un petit chantier pharaonique ». Un budget aussi : 3 millions d’euros. Mais le résultat est à la hauteur de l’investissement : des bustes et des vitrines qui s’animent, des jeux numériques, un film mêlant illustrations et cartographie 3D, des archéologues virtuels présents à chaque étape du parcours … « On a supprimé les longs discours explicatifs, et on les a remplacés par deux phrases et deux/trois dessins : c’est nettement plus efficace » se félicite Mathilde Le-Piolot-Ville.

Au Muséoparc Alesia, les bustes ne sont pas en marbre : ils sont en réalité augmentée, et il parlent. Avé César ! Photo : Xavier Ducordeaux

La journée s’est poursuivie par une présentation de projets innovants, parfois décalés. Mais tellement efficaces. Comme cette proposition osée des musées de Montbéliard, qui ont choisi de faire pénétrer dans le château des Ducs de Wurtemberg des dragons de la mythologie, un monstre alien, un yéti, la vouivre et même Mon Voisin Totoro : « Des monstres au château ? Était-ce bien raisonnable ? » sourit Cécile Rey-Hugelé, directrice des musées de Montbéliard. Partant du livre ‘’Anatomie comparée des espèces imaginaires’’, l’exposition fait découvrir l'anatomie comparée et les sciences de l'évolution (paléontologie, biologie, ...) à travers l'analyse rigoureuse mais amusante d'espèces fantastiques. Ouverte depuis septembre dernier, l’exposition n’en finit plus de séduire dans le pays de Montbéliard.

Le pari osé des médiateurs culturels de Montbéliard : faire entrer des monstres dans le si classique château des Ducs de Wurtemberg. Photo : DR

Plus modeste, la proposition du petit musée de l’imprimerie de Louhans permet au visiteur de se transformer, le temps d’un atelier, en imprimeur : « on a redonné vie au site, qui était une vraie imprimerie, crée à la fin du XIXè siècle, rappelle Dorothée Royot, médiatrice à l’écomusée de la Bresse Bourguignonne ; Les participants composent un journal, l’impriment sur les vraies machines d’époque. Les odeurs d’encre, le bruit des rouleaux … On a recréé une atmosphère, que l’on avait totalement perdue en ne proposant que des visites classiques. »

D’autres exemples sont venus enrichir la journée. Des ateliers aussi. Les participants sont repartis avec des modèles, des idées : théâtralisation, approches ludiques, scénographies surprenantes : autant d’ingrédients pour susciter l’appétit des savoirs et des sciences, dès le plus jeune âge et bien après …

Donner à voir et à tester : ça marche à tout âge ! Photo : Xavier Ducordeaux

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