Bourgogne-Franche-Comté / Suisse : une coopération solide à renforcer

En visite à Besançon, l’ambassadrice de Suisse en France a salué la solidité des liens économiques avec la Bourgogne-Franche-Comté. Une coopération étroite, appelée à se renforcer dans un contexte international incertain.

 

Tania Cavassini s’est montrée très intéressée par les technologies développées par l’entreprise Roland Bailly. Photo Xavier Ducordeaux

En déplacement officiel à Besançon ce lundi 20 avril 2026, madame l’ambassadrice de Suisse en France Tania Cavassini a placé sa première visite en Bourgogne-Franche-Comté sous le signe de la coopération économique transfrontalière. Invitée par Jérôme Durain, elle est allée à la rencontre d’acteurs industriels locaux, illustrant la densité des liens entre les deux territoires de l’Arc jurassien.

Deux fleurons bisontins rompus aux relations franco-suisses
La délégation a notamment visité deux entreprises bisontines, Roland Bailly et Moving Magnet Technologies (MMT), symboles d’un tissu industriel fortement intégré avec la Suisse. « Mon objectif est d’aller à la rencontre de la Suisse en France », a expliqué Tania Cavassini, rappelant « des chaînes de valeur extrêmement imbriquées » entre les deux pays, particulièrement en Bourgogne-Franche-Comté. Une interdépendance qui s’incarne dans des savoir-faire complémentaires, de la métallurgie française à l’horlogerie suisse, héritée selon elle d’une histoire commune ancienne.

La délégation, en visite chez MMT à Besançon, devant l’exosquelette imaginé par l’entreprise. Photo Xavier Ducordeaux

Cette relation s’appuie sur une réalité économique solide. Avec 4,4 milliards d’euros d’échanges en 2025, la Suisse s’impose comme un partenaire majeur pour la région, troisième destination de ses exportations et deuxième pour ses importations. Une dynamique en croissance (+18 % en deux ans), tirée en grande partie par l’industrie manufacturière et les filières de pointe, notamment les microtechniques et les métaux précieux.

Aller plus loin
Pour Jérôme Durain, ces chiffres traduisent « une relation extrêmement profonde, importante ». Le président de Région insiste toutefois sur la nécessité d’aller plus loin : « Je pense que l’on doit faire plus avec nos amis suisses. » Dans un contexte géopolitique incertain, il appelle à renforcer des « circuits courts » économiques à l’échelle européenne, en s’appuyant sur cette proximité historique et géographique.

Roland Bailly dispose d’un savoir-faire d’exception dans le domaine de la décoration de mouvements horlogers. Photo Xavier Ducordeaux

Car les enjeux sont nombreux. Côté français, il s’agit de consolider la place de la Bourgogne-Franche-Comté dans des chaînes de valeur industrielles à haute technicité, tout en limitant certaines dépendances, notamment sur les intrants critiques suisses. Côté helvétique, la région constitue un relais industriel indispensable, offrant capacités de transformation, compétences techniques et débouchés.

Dans cet équilibre, la coopération transfrontalière apparaît non seulement comme une réussite, mais aussi comme un levier stratégique à amplifier. « Nous avons une histoire commune […] et un savoir-faire qui nous habite », conclut Tania Cavassini. Une base solide sur laquelle les deux territoires entendent désormais bâtir une relation encore plus étroite et ambitieuse.

Chez MMT, on a développé un actionneur de volant à commande électrique qui a vocation à être intégré dans les futurs véhicules automobiles. Photo Xavier Ducordeaux

Article du 20/04/2026 16:44, modifié le 20/04/2026 16:54

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