L’arbre, meilleur allié des agriculteurs ?

L’agroforesterie associe la plantation d’arbres aux cultures ou à l’élevage. À Leuglay (21), un pôle agroforestier vient d’être aménagé afin de servir de vitrine à cette pratique favorable à la biodiversité. Et qui pourrait aider les agriculteurs à résister aux effets du changement climatique.

L’agroforesterie relève à la fois de pratiques ancestrales et de l’innovation écologique. Si au cours du XXe siècle, les haies, vergers ou arbres isolés de nos campagnes ont disparu sous l’effet de la mécanisation de l’agriculture, du remembrement rural et du recul de l’élevage, les arbres et arbustes retrouvent aujourd’hui une certaine utilité dans les systèmes agricoles.
C’est ce que s’emploie à démontrer le pôle agroforestier aménagé par les pépinières Naudet à Leuglay (21), au cœur du
Parc national de forêts. Un site pilote et expérimental de 50 ha où ont été plantés différentes sortes de haies (basse, intra-parcellaire, brise-vent, fruitière, mellifère…), des arbres fruitiers et têtards, une truffière… Soit un total de 21 268 arbres et 10,43 km de haies.
Mené en collaboration avec le
Centre régional de la propriété forestière (CRPF), l’INRAE, les chambres d’agriculture et des lycées agricoles, ce projet fait l’objet de divers suivis scientifiques : inventaires des oiseaux et des insectes auxiliaires des cultures, analyse des sols, mesure des rendements agricoles et des effets sur le stockage du CO2….

Des bénéfices économiques et écologiques
« Les bénéfices de l’agroforesterie sont de plusieurs ordres, argumente Isabelle Jounot, responsable du site. Au plan économique, elle permet à l’agriculteur de diversifier ses productions : bois, miel, fourrage, litière, truffes, fruits… La décomposition des feuilles améliore la fertilité des sols, avec des effets positifs sur les rendements agricoles que nous allons évaluer précisément. Pour les éleveurs, on note aussi une augmentation du bien-être animal grâce à l’ombrage et à la protection face aux prédateurs fournis par les arbres. » 
Enfin, les intérêts écologiques sont évidents : habitats pour la faune (insectes, oiseaux…), réduction de l’assèchement des cultures et de l’érosion, restauration d’une trame verte favorable au déplacement des espèces, amélioration de la qualité des paysages et du cadre de vie. Le 22 septembre 2020, lors de l’inauguration du pôle agroforestier, Marie-Guite Dufay a salué une « démarche de démonstration probablement unique en France, au cœur des enjeux de transformation écologique et de résistance au changement climatique. » La présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté a annoncé que l’agroforesterie fera l’objet d’un soutien spécifique dans le cadre du
plan d’accélération de l’investissement régional présenté le 9 octobre en assemblée plénière.

Des aides régionales pour le bocage et les paysages

Au travers du programme « Bocage et paysages » initié dès 2005, la Région Bourgogne-Franche-Comté encourage et soutient les initiatives de plantation et de restauration de trames bocagères, de haies, de bosquets et d’alignement d’arbres. Celles-ci peuvent prises en charge à 50%, voire à 70% sous certaines conditions.  C’est à ce titre que le projet agroforestier des pépinières Naudet a été accompagné par la collectivité à hauteur de 26 450 €.

Forêt du Val Suzon (21) - Crédit photo Région Bourgogne-Franche-Comté / David Cesbron

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