"Il n'y avait qu'une seule décision à prendre"

Le lycée des Haberges, à Vesoul, a dû fermer ses portes en urgence le 11 mai 2026 en raison de risques d'effondrement. Le point sur la situation avec le président Jérôme Durain.

Comment avez-vous vécu cette annonce brutale pour les 950 élèves et le personnel ?
« J'ai d'abord une pensée vraiment très forte pour tous les membres de la communauté éducative de ce lycée : les élèves en premier lieu, mais aussi les agents de la région, les professeurs et les personnels de l'Éducation nationale. C'est un véritable choc, un traumatisme. Le jeudi matin, ils entraient normalement dans l'établissement, et le jeudi soir, on leur annonçait qu'ils devaient partir et qu'ils n'y reviendraient plus. Ce sont des gens qui travaillent ensemble, qui ont leurs habitudes, et d'un coup, on doit réorganiser leur travail "au moins mal" en les dispatchant sur plusieurs sites. Et tout cela arrive à quelques jours des examens. C'est une situation extrêmement difficile.

Rien ne laissait présager une telle fragilité du bâtiment ?
C'est toute la complexité de ce dossier. Nous pensions sincèrement que le lycée des Haberges était un établissement sain. Quand on étudiait la carte régionale des lycées pour planifier des travaux, ce n'était pas du tout un lieu ciblé. C'était même un établissement vitrine, qu'Emmanuel Macron avait choisi lors de sa venue à Vesoul. Pourtant, le couperet est tombé : les diagnostics ont révélé que les fondations en béton présentaient de graves dangers en cas de séisme. Face à un tel constat, il n'y avait qu'une seule décision à prendre : fermer le lycée. Nous ne pouvons pas nous permettre de prendre le moindre risque avec la sécurité.

Quelles vont être les prochaines étapes pour comprendre ce qui s'est passé et trouver une issue ?
Nous allons analyser et étudier de nouveaux documents techniques pour comprendre précisément ce qui nous a conduits à cette situation. Quoi qu'il en soit, il faut trouver des solutions pérennes. Je sais qu'il y a une demande très forte de la part des familles et des personnels pour retrouver un site unique. C'est une option que nous étudions, mais je refuse de céder à la précipitation. Si des erreurs de construction ont été commises par le passé sur ce lycée –ce qui est une possibilité–, je n'ai pas envie que l'on reconstruise quelque chose à la hâte pour se retrouver dans la même impasse d'ici quelques années. Il faut prendre le temps nécessaire pour faire les choses dans de bonnes conditions.

À quel horizon peut-on espérer une réouverture ou une solution définitive ? Faut-il acter que rien ne sera prêt pour la rentrée prochaine ?
Entre les études techniques, les expertises, les travaux et les démarches administratives, si cela doit prendre plusieurs mois, nous prendrons ces mois. Il faut être honnête avec les gens et ne pas les leurrer en leur promettant un nouveau lycée ou un site unique clés en main en un claquement de doigts. Pour la rentrée de septembre 2026, ce ne sera vraisemblablement pas possible. Nous agissons dans les meilleurs délais possibles, mais le curseur de septembre est une échéance beaucoup trop courte. »

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